Famille N°4

Repères pour la mise en œuvre des activités pédagogiques

L’aboutissement d’une démarche APC s’inscrit dans les activités pédagogiques qui sont effectivement mises en œuvre. Il s’agit alors de faire évoluer l’expérience d’apprentissage des apprenants en les engageant dans une démarche de développement de leurs compétences. Dans la mesure où une démarche APC vise à intégrer situations d’apprentissage et d’évaluation, le choix a été fait de ne pas faire de partie spécifique sur l’évaluation des compétences. Apprentissage et évaluation seront ainsi abordés ensemble
Synthèse de la démarche collaborative associée à cette famille de repères

L’aboutissement d’une démarche APC s’inscrit dans les activités pédagogiques qui sont effectivement mises en œuvre. Il s’agit alors de faire évoluer l’expérience d’apprentissage des apprenants en les engageant dans une démarche de développement de leurs compétences. Dans la mesure où une démarche APC vise à intégrer situations d’apprentissage et d’évaluation, le choix a été fait de ne pas faire de partie spécifique sur l’évaluation des compétences. Apprentissage et évaluation seront ainsi abordés ensemble.

Synthèse du travail de co-construction en ateliers visant à caractériser les activités pédagogiques mises en œuvre dans une démarche APC :

Synthèse collaborative en lien avec la famille 4 de repères

 

 Image générée à l’aide de Wooclap

Le travail de co-construction met en avant les méthodes actives et caractérise les activités pédagogiques au regard de différents adjectifs : authenticité, démarches plurielles, complexité, lien avec des situations professionnelles, problème, … Cinq repères sont ici dégagés :

  • les méthodes pédagogiques actives favorisant l’engagement des étudiants.
  • la pluridisciplinarité qui sera mise en perspective avec les enjeux, plus exigeants, d’interdisciplinarité.
  • les situations d’apprentissage et d’évaluation (dite SAÉ), formellement nommées et associées à l’évocation de ses éléments caractéristiques : authenticité, complexité, intégration à l’évaluation.
  • les situations professionnelles (stages, parcours d’apprentissage), dont le parti a été pris ici de les distinguer des SAÉ que nous inscrivons spécifiquement dans un contexte académique.
  • les rétroactions ou feedback, en tant que retours formatifs aux étudiants.

Échanges sur les points de débats au sein des groupes de travail :

  • la démarche portfolio : elle semble rarement être un objectif de départ mais plutôt comme quelque chose qui s’amorce au fur et à mesure de l’évolution des pratiques pédagogiques. Elle sera ici un repère complémentaire.
  • la part d’enseignement théoriques au regard des situation d’apprentissage et d’évaluation : considérant que c’est quelque chose qui a été abordé dans le repère 3-5, cet aspect n’est pas repris ici.

4.1

COHÉRENCE des objectifs d'apprentissage vis-à-vis des compÉtences attendues par le programme

Explicitation du repère :

La formulation des objectifs d’apprentissage de chaque enseignement facilite de travail en équipe pédagogique. Cela permet de clarifier la contribution de chaque enseignement aux compétences visées par le programme de formation et aux niveaux qui ont été formalisés. On peut parler de cohérence verticale et horizontale du programme de formation (Berthiaume, 2013) ou encore d’approche programme. Dans un souci de communication avec les étudiants les objectifs d’apprentissage de chaque enseignement peuvent être inscrits dans le guide des études, dans les syllabus de cours, etc.
 

Exemple (humoristique) d’un enseignement non aligné pédagogiquement :

– objectif d’apprentissage : « être en capacité de sauter en parachute »

– activité pédagogique proposée : « lecture sur le parachutisme »

– l’évaluation retenue : « sauter en parachute » (inadaptée à ce stade de la formation)

La formulation des objectifs d’apprentissage de chaque enseignement permet de s’assurer de la cohérence verticale et horizontale du programme de formation (Berthiaume, 2013). L’approche programme consiste alors à s’assurer, au regard de ces objectifs, de la cohérence globale du programme au regard des objectifs visés par chaque enseignement. Elle vise l’intégration des apprentissages en profondeur chez les étudiants plutôt que l’accumulation de connaissances, elle suppose donc d’articuler des méthodes d’enseignement transmissives avec des méthodes d’enseignement plus actives. C’est une première étape vers l’APC. La cohérence du programme de formation est ainsi formalisée et formalisée (syllabus, programme descriptif, etc.).

 

Principal écueil dans la mise en œuvre de l’alignement pédagogique :

  • Considérer que le développement de savoir-faire ou savoir être peut être acquis par des méthodes transmissives : ce n’est pas parce qu’on est capable de reconstituer, à l’écrit ou à l’oral, les différentes étapes d’une manipulation ou d’un processus qu’un étudiant sera capable de les réaliser en situation expérimentale.

Niveaux d’avancement sur ce repère

Non engagé
Les objectifs d’apprentissage des enseignements du programme n’ont pas été précisés et/ou ne sont pas partagés au sein de l’équipe pédagogique.
Initié

Plusieurs enseignements ont défini des objectifs d’apprentissage et les ont partagés mais ce n’est pas le cas pour tous les enseignements du programme.

Avancé
Des objectifs d’apprentissage ont été formalisés pour l’ensemble des enseignements, ils sont partagés au sein de l’équipe pédagogique et avec les étudiants. La cohérence de l’ensemble avec les compétences visées par la formation n’a pas été établie ou n’est pas encore satisfaisante.
Abouti
La contribution de chaque enseignement aux compétences visées par le programme de formation est formalisée. L’ensemble est cohérent et partagé tant au sein de l’équipe pédagogique qu’avec les étudiants. 

 

4.2

DIVERSITÉ DES STRATÉGIES PÉDAGOGIQUES (REPÈRE EN CONSTRUCTION)

Explicitation du repère :

Explications …

 

Principaux écueils dans la mise en œuvre de l’interdisciplinarité :

  • écueils 1 ….

Niveaux d’avancement sur ce repère

Non engagé

Les stratégies pédagogiques sont principalement centrées sur la transmission des connaissances et relèvent d’un choix individuel de l’enseignant.

Initié

Un ou plusieurs enseignants de l’équipe pédagogique, au sein de leur enseignement, utilisent des pédagogies actives centrées sur les apprentissages des étudiants.

Avancé

Les enseignements sont majoritairement centrés sur les apprentissages des étudiants. Les stratégies pédagogiques sont diversifiées mais ne sont pas discutées en équipe pédagogique.

Abouti

Les stratégies pédagogiques sont décidées collégialement par l’équipe pédagogique lors de l’élaboration de la formation. Elles sont centrées sur les apprentissages des étudiants

4.3

Situations d’apprentissage et d’Évaluation (SAÉ)

Explicitation du repère :

Une SAÉ est une tâche authentique, consciemment organisée par l’équipe pédagogique dans un cadre académique, pour entraîner le développement d’une ou plusieurs compétences visées par la formation. C’est une occasion d’agir, dans une situation, qui est donnée aux étudiants.

 

Points clés des SAÉ (adapté de Poumay & Georges, 2020) :

  • Authenticité : une SAÉ s’inspire d’une situation réelle ou proche du réel (souvent liée au futur contexte professionnel des apprenants, elle peut être simplifiée)
  • Complexité : la tâche amène l’apprenants à choisir, parmi plusieurs démarches possibles, celle qui lui semble la plus appropriée. Il ne s’agit donc pas de suivre une démarche standardisée qui amènerait les étudiants à devoir obtenir un « bon » résultat, identique pour tous.
  • Intégration de l’apprentissage et de l’évaluation : des temps d’évaluation formatifs ou certificatifs (auto-évaluation au cours de la tâche, évaluation par les pairs, par l’enseignant etc.) sont prévus à plusieurs moments dans la situation permettant à l’étudiant d’obtenir un retour sur l’avancée de son travail. Elles précèdent une évaluation finale.
  • Réalisation d’une production (matérielle ou immatérielle) : la tâche aboutit à un livrable qui fait sens pour les étudiants et qui sera évalué au regard de leur futur contexte professionnel ou personnel
    et qui sera évalué au regard des critères d’exigence définis pour la compétence.
  • Interdisciplinarité : les mises en situations appellent des apports pluridisciplinaires qui renvoient à des enseignements du programme 

Exemples de méthodes pédagogiques pouvant être associées aux SAÉ : projet, apprentissage par problèmes, simulation, jeux de rôles, …

Principaux écueils dans la mise en œuvre de SAÉ :

  • Considérer comme SAÉ des mises en situations applicatives dans lesquelles les étudiants doivent appliquer une méthode ou une procédure standardisée pour arriver au même résultat. Dans ce cas la tâche n’est pas dite « complexe » car les étudiants n’ont pas à choisir la démarche qui leur semble la plus appropriée et justifier leurs choix.

Exemples d’activités qui ne sont des SAÉ : la réalisation de travaux pratiques calculatoires ou dans lesquels il s’agit de suivre un protocole de manipulation

  • Ne pas associer la SAÉ directement à une ou plusieurs compétences de la formation. Les SAÉ sont des occasions données aux étudiants d’entraîner les savoir-agir visées par la formation, elles doivent donc y être directement associées.
  • Simplifier la situation d’apprentissage en perdant le caractère « authentique » de la tâche. Dans ce cas elle ne fera plus sens pour les étudiants.
  • Évaluer globalement plusieurs compétences avec la même SAÉ. Dans le cas où une même SAÉ évaluerait plusieurs compétences (ce qui est fréquent), il est important les compétences soient évaluées indépendamment les unes des autres.

Voir : Évaluer la qualité de sa SAÉ (Poumay & Georges, 2020, p. 14)

Niveaux d’avancement sur ce repère

Non engagé Il n’y a pas de SAÉ prévue dans les activités pédagogiques.
Initié
Des SAÉ sont identifiées sur une ou plusieurs compétences de la formation. Elles n’intègrent npas encore toutes l’ensemble des points clés identifiés ci-dessus.
Avancé
Des SAÉ sont identifiées sur une ou plusieurs compétences de la formation à différents niveaux. Elles respectent l’ensemble des points clés identifiés ci-dessus.
Abouti
Des SAÉ sont identifiées sur toutes les compétences de la formation et à chaque niveaux (éventuellement à l’exception de compétences entraînées par les SAP). Elles intègrent l’ensemble des points clés identifiés ci-dessus.

 

 

4.4

Mises en situations professionnelles

Explicitation du repère :

Les mises en situations professionnelles (stage, parcours d’apprentissage, …) sont des occasions de mettre en œuvre les compétences en situation réelles (contrairement aux SAÉ qui sont ici considérées comme des situations académiques). Ce sont des activités de mises en situation particulièrement riches pour les apprenants.

L’intégration de SAP dans une démarche APC, amène à considérer différents enjeux pédagogiques pour soutenir la réussite des étudiants.

D’abord renforcer l’articulation des expériences professionnelles avec le référentiel de compétence de la formation. Il est nécessaire que chaque compétence visée par le stage sera ainsi entraînée et évaluée et non qu’une appréciation ou une note globale à la réalisation du stage. Mais aussi, il ne s’agit de renforcer l’articulation entre les terrains de stage et les temps de formation académique. Cela peut passer par différentes actions : communication du référentiel de compétences et des niveaux attendus sur chaque compétence aux encadrants de stage, mise en place de SAÉ préparatoires dans le programme de formation, organisation de temps d’échanges entre pairs sur les situations vécues en stage, etc.

 

Principaux écueils dans la mise en œuvre des stages :

  • Ne pas communiquer le référentiel de compétences aux encadrants de la SAP : il leur sera utile pour apprécier les compétences attendues des étudiants et cela permettra d’harmoniser et de donner de la consistance aux appréciations de la SAP.
  • Formuler une appréciation globale de la SAP sans évaluer spécifiquement chaque compétence visée.

Niveaux d’avancement sur ce repère

Non engagé Il n’y a pas de mise en situation professionnelle dans la formation.
Initié Des mises en situations professionnelles sont prévues mais elles n’évaluent pas spécifiquement les compétences visées par la formation.
Avancé Les mises en situations professionnelles évaluent les compétences visées mais il y a peu d’articulation avec les temps de formation académiques (temps d’échanges sur les expériences professionnelles, feedbacks, etc.).
Abouti Les SAP évaluent les compétences visées et sont articulés aux temps de formation académiques.

 

 

4.5

Démarche RÉFLEXIVE ET portfolio

Explicitation du repère :

La démarche réflexive des apprenants peut être soutenue de différentes manières. Par exemple en mettant à disposition des apprenants des grilles de positionnement vis-à-vis de chacune des compétences visées par la formation, des banques de questions pour guider leur démarche réflexive, ou encore des activités à réaliser en autonomie. Elle peut également s’appuyer sur la constitution d’un portfolio. Le portfolio est une collection de traces commentées, illustrant les savoir agir complexes, sélectionnées par l’étudiant pour rendre compte de ses apprentissages.

C’est un dossier (classeur, blog, site, …) qui permet de collectionner, puis désélectionner des traces (écrits, photos, références, schémas, cartes conceptuelles, …) qui témoignent d’un apprentissage ou d’un développement de compétence (Tardif, 2006). Ces traces peuvent être issues d’activités de mises en situations organisées par la formation (stages, SAÉ) ou d’expériences extra-académiques (engagement étudiant, activité professionnelle complémentaire, expérience associative ou sportive, etc.). Dans ce sens, la mise en place d’une démarche portfolio dans un parcours de formation en approche par compétences offre la possibilité aux apprenants de mettre en perspective les différentes activités réalisées en lien avec les niveaux de compétences attendus, d’analyser leurs démarches avec un regard critique, de prendre conscience de leurs erreurs, de leur progression, de se projeter dans un avenir personnel et professionnel, etc.

C’est également un outil intéressant pour capitaliser ses expériences d’apprentissage en vue de les valoriser dans un avenir personnel ou professionnel. 

Le soutien de la démarche réflexive des étudiants passe par l’organisation de temps de formation encadrés spécifiquement dédiés à cette fin (séminaires de traces, séminaires compétences, UE compétences, UE portfolio, …). Ces temps permettent aux apprenants de faire le point sur leur parcours de formation, d’identifier leurs atouts et leurs faiblesses, de mesurer les efforts qu’ils ont à réaliser pour atteindre le niveau attendu, de se fixer des objectifs atteignables, … Ils sont aussi l’occasion d’échanger entre eux sur leurs difficultés, leurs réussites, leurs échecs (en formation ou en stage), leurs méthodes de travail.

Cette logique de co-développement nourrit l’approche réflexive des apprenants. Ils peuvent encore être l’occasion de s’entraîner à des situations orales d’évaluation.

Principaux écueils dans la mise en œuvre d’une démarche réflexive appuyée sur un portfolio :

  • Considérer d’autres compétences que celles du référentiel de formation : dans une démarche APC qui vise la certification d’une formation les compétences évaluées dans le portfolio doivent être celles identifiées dans le référentiel de formation (et donc en lien avec les référentiels réglementaires) et ne peuvent être laissées au libre choix de l’étudiant (comme cela peut être le cas dans d’autres types de portfolios).
  • Mettre en place une démarche réflexive sans penser l’organisation d’activités de mise en situations au sein de la formation : la démarche doit s’appuyer sur des activités de mises en situation (Stages, SAÉ) organisées de manière à entraîner le développement des compétences visées par le programme.
  • Engager une démarche réflexive dans avoir précisé les attentes du programme vis-à-vis de chaque compétence (et notamment les critères d’évaluation, les niveaux de développement, …)
  • Ne pas encadrer les étudiants dans les temps réflexifs : même des outils sont mis à la disposition des étudiants (grilles d’auto positionnement ; questions de soutien à la démarche réflexive, …), il est utile de prévoir des temps encadrés pour soutenir la démarche des étudiants et leurs donner des occasions d’échanger entre eux (sur leurs difficultés, leurs méthodes de travail, …). 

Niveaux d’avancement sur ce repère

Non engagé

Il n’y a pas de temps réflexifs spécifiquement dédiés à l’accompagnement des étudiants sur le développement de leurs compétences

Initié

Une démarche réflexive sur le développement des compétences a été mise en place dans une logique autre que celle de certification de la formation (portfolio de développement professionnel, de valorisation, etc.).

Avancé

Des outils ont été produits pour soutenir une démarche réflexive sur le développement des compétences visées par la formation (grilles de positionnement, mise à disposition d’un outil e-portfolio spécifiquement adossé à la formation, …) mais la démarche est pour l’instant à l’initiative des apprenants et non encadrée par des temps de formation.

Abouti

Des temps de formation encadrés sont spécifiquement dédiés au soutien à une démarche réflexive sur le développement des compétences visées par le parcours de formation. Ils permettent à l’apprenant de conscientiser leur progression, de mesurer le chemin qui lui reste à parcourir et de se projeter dans la suite de son parcours de formation. Grace un à portfolio, l’apprenant peut capitaliser ses expériences d’apprentissage pour son avenir personnel et professionnel. 

 

 

4.6

MODALITÉS D'Évaluation des compÉtences

Explicitation du repère :

Un développement de compétence peut s’apprécier au regard de différents éléments : la maîtrise des contenus (connaissances, savoir-faire, …) attendus dans le programme de formation ; les résultats obtenus aux différentes activités de mises en situation proposées au cours de la formation ; mais aussi la capacité à conscientiser ses apprentissages et à porter un regard réflexif sur son parcours. Dans ce sens, la mise en place d’une démarche portfolio peut être vue comme un soutien à la démarche d’évaluation des compétences. 

Une démarche d’évaluation des compétences aboutie suppose donc de dépasser la considération des résultats d’apprentissage pour donner à l’apprenant la possibilité de défendre son parcours d’apprentissage et de porter un regard réflexif sur sa maîtrise des compétences visées par la formation. Cela nécessite souvent, pour l’équipe pédagogique, d’organiser un temps d’évaluation spécifique dédié qui vient clore le parcours de formation ou une étape de ce parcours (par exemple un oral de soutenance de compétences, un écrit réflexif appuyé sur une démarche portfolio, etc.).  Dans ce type d’évaluation, le développement d’une compétence s’apprécie alors au regard de quatre critères (Poumay & Georges, 2022) :

  • les résultats et performances obtenus par l’apprenant en situation (SAÉ, stages, …)
  • la manière dont l’apprenant mobilise les apports théoriques et méthodologique de sa formation pour justifier ses démarches
  • sa capacité à réguler ses actions, à adopter un regard critique sur ses manières d’agir, à exprimer comment il aurait pu mieux réussir
  • sa capacité à s’adapter à d’autres contextes, à des situations inédites

Principaux écueils dans l’évaluation des compétences d’un programme de formation :

  • Évaluer les compétences avec d’autres critères que ceux précisés dans le référentiel de la formation (voir composantes essentielles dans le repère 2-1).

  • Chercher à évaluer des compétences sans penser l’organisation d’activités de mise en situations au sein de la formation (Stages, SAÉ) de manière à entraîner le développement des compétences visées par le programme

  • Évaluer les apprentissages essentiels de façon spécifique et cumulative : L’approche par compétence s’appuie sur une logique intégrative (par opposition à une logique additive), en ce sens la somme de la validation des apprentissages sous-jacents à une compétence ne peut suffire à valider la compétence qui se trouve morcelée. Il importe en effet d’être capable de mobiliser ces acquis d’apprentissage en interaction et à bon escient en situation. Il est essentiel d’entraîner et d’évaluer le savoir-agir en situation et dans sa complexité. De plus, cette approche amène à « découper » les compétences et alourdit énormément les pratiques d’évaluation.
  • Ne s’appuyer que sur une seule mise en situation pour évaluer la compétence : il est important d’apprécier la capacité de l’étudiant à agir dans différentes situations de manière à apprécier sa capacité à s’adapter à différents contextes et à justifier ses changements de posture.

Niveaux d’avancement sur ce repère

Non engagé

Les compétences sont évaluées principalement au regard de la maîtrise des contenus (connaissances, savoir-faire, …) attendus dans le programme de formation. Les compétences sont morcelées ce qui ne rend pas compte de leur complexité. 

Initié

Les compétences visées par la formation sont évaluées à travers la maîtrise des contenus attendus et les résultats d’au moins une activité de mise en situation (SAÉ ou SAP) sur le parcours de formation. L’approche est pour l’instant cumulative : la validation des compétences se fait par l’addition d’apprentissages essentiels sous-jacents à la compétence.

Avancé

Chaque compétence visée par la formation est évaluée à travers la maîtrise des contenus attendus et les résultats de plusieurs activités de mises en situation (SAÉ ou SAP) réparties sur les différents semestres du parcours de formation. 

Abouti

Chaque compétence visée par la formation est évaluée à travers la maîtrise des contenus attendus et les résultats de plusieurs activités de mises en situation (SAÉ ou SAP) réparties sur les différents semestres du parcours de formation. L’apprenant a l’occasion de démontrer ses compétences et de défendre sa progression dans son parcours dans une situation d’évaluation spécifique (présentation d’un portfolio, oral de compétences, …). Cette situation d’évaluation a un poids dans la validation de chacune de ses compétences visées par la formation. 

 

Méthode de Travail

Ces repères sont co-construits avec les acteurs de l’enseignement supérieur dans le but d’accompagner et de soutenir le travail des communautés pédagogiques (ingénieurs et conseillers pédagogiques, responsables de formation, enseignants, etc. ).

Ils ne sont pas prescriptifs mais bien à considérer comme balises, à moduler de manière à construire des trajectoires diversifiées. Il n’est pas attendu qu’une formation « coche », au plus haut niveau, tous les repères mais bien qu’elle identifie ceux qui lui semblent répondre à ses objectifs propres et qu’elle choisisse sa démarche pour les atteindre. Dans le même sens, les repères ne peuvent être considérés comme génériques, leur pertinence restera toujours à apprécier selon les contextes.

Par exemple, des formations pourront considérer qu’elles ne sont « pas concernées » par l’un ou l’autre des repères. Ils sont enfin évolutifs et ont vocation à être actualisés et enrichis avec les retours des acteurs de terrain.

Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d’investissements d’avenir intégré à France 2030, portant la référence ANR-21-DMAV-0001